Le réchauffement de la planète
est indiscutable
2005, l'année de la plus faible superficie de
glace dans l'Arctique depuis
plus d'un siècle.
LONDRES, le 9 février 2006 (Reuters)
Si rien n'est fait dans les vingt
prochaines années pour stopper les émissions de gaz à effet de
serre, le monde ira à sa perte, préviennent des scientifiques
britanniques.
Pour ces experts, dont le conseiller spécial du Premier ministre
britannique, les preuves attestant d'un réchauffement catastrophique
de la planète sont aujourd'hui "indiscutables" et l'inaction des
politiques inacceptable.
"Le changement climatique est plus grave que nous ne le pensions et
nous devons agir maintenant", a déclaré Henry Derwent, conseiller
spécial de Tony Blair pour les questions climatiques.
Ce cri d'alarme a été lancé lors de la présentation à la presse d'un
ouvrage collectif, "Avoiding Dangerous Climate Change" (Eviter le
danger d'un changement climatique), auquel ont participé des
climatologues, des océanographes, des économistes et des
responsables politiques.
Pour Rachel Warren, chercheuse au Tyndall Centre for Climate Change
Research, le pic d'émission de dioxyde de carbone doit intervenir au
plus tard en 2025 sous peine d'une catastrophe.
Les températures moyennes relevées à la surface du globe sont déjà
supérieures de 0,6°C aux moyennes de l'ère préindustrielle, a-t-elle
dit lundi soir.
Une augmentation supplémentaire de 0,4°C aurait des conséquences
catastrophiques : destruction des barrières de corail, inondations
en Himalaya et danger de famine pour des millions d'êtres humains.
Si la hausse est de 3°C, la moitié des projections maximales pour ce
siècle, alors 400 millions de personnes seront confrontées à la
faim, des espèces animales disparaîtront et des maladies comme la
dengue prendront des proportions pandémiques.
"Pour éviter tout cela, il faut que les émissions globales
atteignent un pic en 2025 puis reculent de 2,6% par an",
a-t-elle dit.
"Mais même dans ce cas nous serions probablement confrontés à une
augmentation de 2 degrés en raison du délai de latence. Nous devons
par conséquent commencer à nous préparer à nous adapter",
a-t-elle ajouté.
La première phase du protocole de Kyoto arrive à échéance en 2012,
et les négociations pour la seconde phase n'en sont qu'à leurs
débuts. Les Etats-Unis, premier pollueur de la planète, ont rejeté
le protocole et créé un Partenariat Asie-Pacifique pour le
développement propre avec l'Australie, l'Inde, la Chine, le Japon et
la Corée du Sud.

La végétation contribuerait au réchauffement
AFP - 11.01.06
La végétation émettrait aussi du méthane. Les plantes et les forêts,
considérées jusqu’à présent comme des "puits" capables d’absorber
une partie des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement
climatique, seraient en fait elles-mêmes des émettrices, selon des
chercheurs allemands.
Jusqu’à présent, il était considéré comme établi
que le méthane, l’un des six gaz à effet de serre, était
principalement diffusé dans l’atmosphère par les micro-organismes
vivant en milieux humides, pauvres en oxygène, comme les marais ou
les rizières. Mais l’étude publiée dans la revue scientifique Nature
datée de jeudi par l’équipe de Frank Keppler, du Max Planck
Institute d’Heidelberg (Allemagne), fait état d’émissions de méthane
par des plantes vivantes, ainsi que par les feuilles et les herbes
sèches.
Les scientifiques estiment que la végétation
mondiale émet entre 62 et 236 millions de tonnes de méthane par an
et que les feuilles mortes répandues au sol lâchent un à sept
millions de tonnes supplémentaires. Ce total représenterait
l’équivalent de 10 à 30% des émissions annuelles mondiales de
méthane.
Ce résultat a été obtenu à partir d’une série
d’expériences et de contrôles en laboratoires et sur le terrain, à
l’aide de capteurs permettant de mesurer les émissions de méthane
dans la nature. Des plantes et des feuilles ont été enfermées dans
des conteneurs et l’air ambiant autour d’elles débarrassé de tout
résidu de méthane, afin d’obtenir la meilleure mesure possible des
émissions végétales. Les niveaux enregistrés de méthane se sont
alors avérés "très sensibles aux augmentations de température", avec
des concentrations doublant presque tous les 10°C supplémentaires,
entre 30 et 70°C.
"Nous sommes maintenant confrontés à la
possibilité que (la plantation) de nouvelles forêts accentue l’effet
de serre en émettant du méthane, au lieu de l’atténuer en jouant le
rôle de puits pour le CO2", explique le spécialiste
néo-zélandais des sciences atmosphériques David Lowe en commentant
l’étude pour Nature.
Il considère que ces découvertes constituent une
surprise, mais qu’elles pourraient aussi expliquer un certain nombre
de phénomènes.
Ainsi, entre 1990 et 2000, les observations par
satellite ont permis de détecter un ralentissement des émissions de
méthane dans l’atmosphère d’environ 20 millions de tonnes par an. La
raison pourrait en avoir été la déforestation accélérée dans la même
période, estime Lowe.
De 1990 à 2000, plus de 12% de la forêt tropicale
a été dévasté. Dans le même temps, rappelle le chercheur, les
satellites ont parfois enregistré des échappées inexpliquées de
méthane au-dessus des mêmes forêts. L’étude ne cherche pas à
expliquer comment les plantes relâchent du méthane dans
l’atmosphère, ni n’avance que certaines d’entre elles en émettraient
davantage que d’autres. Elle ne remet pas non en plus en cause le
point de vue largement partagé par la communauté scientifique selon
lequel l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (dont le
principal est le CO2), due à l’utilisation d’énergies fossiles comme
le pétrole, le gaz et le charbon, est responsable du réchauffement
de la planète.
Sources
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-26394895@7-347,0.html
http://www.rac-f.org/rubrique.php3?id_rubrique=173
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